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 La foire de l'été

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Vaug le Veinard
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MessageSujet: La foire de l'été   Mar 4 Juin - 23:02

Le clapotis de l'eau sur la rive se mêlait à celui des sabots de nos chevaux. Le radieux soleil d'été nous faisait l'honneur de nous caresser de ses rayons matinaux. Pas un nuage ne se faisait voir dans le miroir à peine ridé du lac Darrowmere. Le coeur étreint d'une étrange légèreté, je nous chantais un fameux madrigal grivois Andorin, vantant les vertus mais aussi les vices des femmes Altéranes. J'empoignai mon piccolo pour égayer la fin de mon chant d'une petite ritournelle reprenant l'air des paroles, alors que mon maître riait doucement de la chute de la chanson.

_"Es-tu seulement allé en Alterac, Cyngald ?" me dit-il alors avec ce sourire si tranquille que je lui conaissais bien. Je lui répondis :
_"Non, Maître... C'est ce que chantaient les soldats à Andorhal, à notre dernier passage" lui dis-je avec un sourire un brin coupable. Sentant mes joues chauffer, je me décidai à avouer : "En réalité, j'ai été discuter avec eux au lieu d'aller affûter nos flèches, ce soir-là..."
_"Avec eux ?" me répondit-il avec un sourire plein de malice, tournant sa tête vers moi avec un haussement de sourcils éloquent, les bras croisés en V sur ses jambes, chevauchant au pas sans le moins du monde éprouver son cheval. Mon coeur si léger tréssauta et palpita, malgré la gêne, d'une inaltérable gaité. Il savait !
Je savais que c'était une question dont il savait déjà la réponse. Je détestais ça, cette maudite impression de ne rien pouvoir lui cacher ! Mais encore une fois, il s'était montré perspicace... Bien qu'en y réfléchissant, il n'y avait pas besoin de beaucoup spéculer, cette fois...
Je grommelai -avec le sourire-, puis répondis, renfrogné :
_"Très bien... Avec elle." dis-je en rangeant mon piccolo dans la sacoche de croupe de mon cheval, mêlant mon geste à un soupir résigné, sans départir de mon sourire. Je n'ai jamais été à l'aise sur ces choses-là.
En guise de réponse, il reporta son regard amusé sur son chemin en réprimant un rire au fond de son poitrail. C'était tout ? Il n'allait pas me questionner ? Je retins ma respiration un moment, appréhendant que la redoutée question était encore à venir... Puis soupirai discrètement, rassuré. Finalement, c'était tout.

Nous chevauchâmes alors de longues heures tranquilles le long du Lac Darrowmere, profitant avec une gaité tue de la tendre chaleur du soleil qui délivrait son onde hospitalière à la manière de quelque douce amante céleste, du clapotement de la rivière que nous ne tardîmes pas à longer, et du chant des quelques philomèles et mésanges dont il me plaisait d'imaginer qu'elles nous suivaient.

Le zénith approchant, nous partîmes en quête d'un endroit ombragé pour une petite collation, ce que nous ne tardîmes pas à débusquer au détour d'un pittoresque rocher moussu haut comme deux hommes, flanqué d'un vieux sapin solitaire. Nous y attachâmes nos chevaux, et commençèrent à déjeuner à l'ombre.

Alors que, dans ma bulle, j'allais croquer dans ma miche de pain, je m'apercu qu'un gros insecte était posée dessus. Je sursautai, et lâchai mon quignon, pris de surprise et de peur ! Fredrick rit de bon coeur, alors que la mouche s'envola. Je lui adressai un regard entre stupeur et réprobation, alors qu'il me dit :

_"Tu sais ce que l'on dit des gens aussi distraits, Cyngald ?" me lança-t-il, très amusé.
_"Eh bien... non ?" répondis-je avec hésitation.
_"Qu'ils regardent tant l'oiseau qu'ils pourraient trébucher sur une montagne." compléta mon maître en me souriant sans moquerie. Souriant à l'image évoquée, je repris mon repas en contemplant le ciel. Perdu à nouveau dans ma douce rêverie, je ne me rendis compte qu'après que Fredrick me regardait fixement, avec un sourire plus élargi que la normale.
_"Quel était son nom ?" me demanda-t-il
_"Pardon ?" dis-je en tournant la tête vers lui, sourcils fronçés.
_"Quel était son nom, à "l'oiseau" ?" précisa-t-il en plissant malicieusement les yeux, avant de mordre dans un morceau de viande salée, et de mastiquer en m'observant, tout sourire. Je me pris à balbutier, à rougir à nouveau. Finalement, ça n'était pas tout ! Fronçant les sourcils, je parvins à articuler :
_"Oh, heu... Sunva."
Aussitôt, le souvenir du sourire espiègle d'une jeune femme blonde et malicieuse, un brin joufflue et mouchetée de tâches de rousseur des joues jusqu'au nez revint au grand galop. Me remémorer si soudainement ses yeux verts pomme pailletés de jaune félin pétillants me donna comme un coup de soufflet au coeur, et me fit soupirer sous l'oeil calme mais amusé de mon maître.
_"Sunva Brillelorge, la fille..."
_"Oui, la fille du bien nommé brasseur d'Andorhal. Blonde comme son orge et pétillante comme sa bière ! Une charmante jeune femme, à n'en point douter."
Je souris, soulagé. Il ne m'en voulait finalement pas pour le manque de tranchant aux flèches, et pour lui avoir menti... ou alors il m'avait fait payé à sa façon : et ça m'allait très bien comme ça.
Nous finîmes notre repas. Voyant l'ombre du vieux sapin gagner un peu de terrain, mon Maître décida qu'il était temps de partir. Nous reprimes notre route au bord de la rivière qui menait à Andorhal, l'une des plus grandes et plus belles villes de cette partie de Lordaeron. Mais mon coeur s'alourdissait à mesure que nous approchions : nous n'allions y rester que le temps de nourrir et reposer les chevaux.
_"Sais-tu quel jour nous sommes demain, Cyngald ?" me questionna Fredrick sans se tourner.
_"Non, maître..." dis-je, un brin morne.
_"C'est le début de la grande foire d'été, demain, à Andorhal."
_"Ah oui ?" répondais-je sans grand interêt, jouant distraitement avec le crin de Nilvërin, mon cheval. A vrai dire, à l'heure actuelle je n'avais que faire d'une telle information.
_"Peut-être pourions nous rester et nous reposer ce soir, et faire le plein de bonnes choses demain. Je suis fatigué du pain et de la viande salée. Qu'en penses-tu ?"
Comprenant là la faveur qu'il me faisait, que j'allais pouvoir retourner voir ma belle Sunva, je m'étouffai de reconaissance, balbutiant quelques remerciements inaudibles.
_"Qu'en penses-tu, Cyngald ?" répéta-t-il en se retournant, avec une moue inquiète que je devinais être un jeu d'acteur. En guise de réponse, je hochai la tête vigoureusement avec un grand sourire, qu'il me rendit, avant de reporter son regard devant lui.
_"Alors c'est décidé, nous ferons halte à Andoral jusqu'à demain après-midi..." il se retourna à nouveau et complêta, avec un regard entendu, sourcils froncés : "Avant les quatre coups de cloche."
_"Oui, Maître, absolument ! Je ne serais pas en retard !" dis-je, excessivement enjoué.

C'est tout guilleret que je poussai à nouveau la chansonnette sur le chemin, avec un entrain renouvelé et le coeur à nouveau léger, de charmantes idées à l'esprit d'adolescent que j'étais alors...
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